Taxi-brousses : vers une reprise progressive du transport

Des représentants de coopératives de transports, des usagers, du ministère chargé des transports et de l’agence des transports terrestres ont assisté à la réunion du 19 août. Photos: Mamy Randrianasolo/Angisy

Même si différentes dispositions prises au niveau des différents ministères orientent le public vers un possible déconfinement à partir de la semaine prochaine. Il a été entendu lors de la réunion des acteurs du transport à Ambodivona, Antananarivo que la reprise des taxi-brousses ne se fera pas dans la semaine du 24 août

En effet, l’organisation de cette reprise ne s’avèrera pas facile. Les points de vue de tous les acteurs, obtenus lors de la réunion du 19 août seront étudiés au niveau du ministère chargé des transports, puis transmis au centre de commandement opérationnel COVID-19 avant que la présidence de la République ne prenne la décision. « Toutes les propositions seront rapportées à partir de vendredi prochain (21 août NDLR) ». « Au vu de toutes les préparations nécessaires à la reprise, la possibilité d’ouverture la semaine prochaine n’est pas envisageable».

Les points discutés lors de la réunion portaient sur les mesures de prévention de propagation de la COVID-19 dont des nouveaux cas (bien que l’effectif soit en baisse) sont encore enregistrés chaque jour. Les responsables étatiques, présents lors de la réunion ont été exigeants. Il faut assurer que la distanciation physique soit respectée, dans les zones d’attente, d’embarquement et de débarquement des voyageurs. Les idées divergent quant à la restriction du nombre de voyageurs à transporter. Proposition a été faite par l’ATT (agence des transports terrestres) pour que les minibus transportent deux personnes par banquette en zones nationales (longue distance), trois par banquette pour les cars de type Mercedes Sprinter et quatre à cinq pour les longs véhicules « karandales » et TATA. Le frais de transport augmentera assurément puisque suivant cette proposition, ce sont les voyageurs qui combleront le manque. Les représentants des voyageurs, ont demandé à ce que ce soit l’Etat qui prenne en charge le gap. Pour certains transporteurs, le maintien du nombre habituel de personnes transportées est le plus aisé. Soit trois personnes par banquette pour les minibus et 4 pour les Sprinter. Dans tous les cas, l’ATT a exprimé sa fermeté pour que les frais de transport pour chaque destination soit unique.

Pour les zones régionales, le nombre de trois voyageurs par banquette est la recommandation et quatre personnes pour les « Sprinter » au lieu des cinq habituels.

Outre la discussion sur le nombre de voyageurs. Le directeur général de l’ATT, le Général Reribake Jeannot a fait savoir « le départ pour chaque destination sera alternée : matinée  – après-midi pour qu’il y ait le moins d’attroupement possible au niveau des gares routières, surtout pour les zones nationales. A titre d’exemple, pour la gare routière Maki Andohatapenaka, cinq destinations y sont programmées. La première journée sera pour deux destinations, exemple RN2 et RN6. La matinée, de 6h à 11h pour le premier départ, et de 12 h à 17h pour le deuxième. Après chaque départ, une désinfection du stationnement sera opérée. Elle se fera pendant une heure ».

« Les restrictions favoriseront les transports clandestins »

Les transporteurs ont accepté la plupart des conditions, néanmoins, ils ont exprimé leurs craintes « le principal souci pour nous, c’est l’alternation des voyages pour une destination » explique Razafimanantsoa Vincent de Paul représentant du comité de gestion de la gare routière Fasan-karana, KMMTF. Les destinations étant dans le sud du pays. « Comme la dernière fois, beaucoup de gens voudront rejoindre les régions et ils seront prêts à payer plus. Si on alterne les jours, beaucoup de voyageurs chercheront tout de même les moyens pour partir. Ce qui s’est déjà passé durant ces cinq derniers mois. Ce qui favorisera les transporteurs clandestins.»

D’autres mesures liées à la reprise des activités des taxi-brousses ont été annoncées lors de cette réunion qui a duré près de quatre heures. Il s’agit notamment  de l’interdiction de surcharge dans les véhicules de transport public routier de voyageurs, la réduction du contact entre les personnes, l’interdiction d’attroupement de plus de 50 personnes au sein des gares routières et des stationnements, la mise en place des dispositifs de lavage des mains (DLM) au niveau des gares routières et des stationnements et l’utilisation de gel désinfectant dans les véhicules. Il a été rappelé que la prise de température à l’entrée des gares routières et stationnement est obligatoire, tout comme la désinfection systématique et journalière des véhicules, des gares routières et du stationnement. Les voyageurs doivent être recensés, les manifestes devant être dument renseignées (manifold des passagers).

La région Analamanga est le centre du transport public, surtout pour ceux qui rejoignent les régions. Selon les statistiques de l’ATT, près de 90 % des zones nationales partent d’Antananarivo ou y transitent.

Pour rappel, la capitale comporte sept gares routières et stationnement en fonction.

La gare routière Maki d’Andohatapenaka pour la destination sur la RN1 (Tsiroanomandidy), R2, RN4, RN 5 (Fenerive Est) et RN 6.

La gare routière Fasankarana à destination des régions dans le sud de Madagascar: RN7, axe Sud-Est, axe sud-Ouest, axe « Routes Difficiles » pour la RN13 à partir d’Ihosy.

Le stationnement d’Anosizato ouest pour les zones régionales vers la RN1 et l’Ouest.

La gare routière d’Ampasapito à destination de Moramanga et autres localités de ses environs.

Le stationnement d’Antohomadinika à destination de la région d’Alaotra.

Le stationnement d’Ambodivona, pour la RN3 à destination d’Anjozorobe.

Le stationnement de Mahazo pour les zones régionales à destination de Manjakandriana et ses environs.

Les stationnements à destination de la SAVA sise à Andranobevava, quant à eux étant gérés à titre privé, ils seront soumis aux conditions qui seront décidés par l’Etat.

Photo 1: Le directeur général de l’agence des transports terrestres, le Général Jeannot Reribake a coordonné la réunion avec les représentants des coopératives opérant sur les zones régionales et nationales

Photo 2: Des usagers et des présidents de coopératives de transports opérant sur les zones régionales et nationales ont participé à la réunion

Zo Rakotondrina

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