Inspecteurs et contrôleurs du travail: formation spécifique sur la sécurité et la santé au travail du domaine des BTP

La visite d’un chantier de construction figurait au programme de la formation

Une vingtaine de contrôleurs et d’inspecteurs du travail provenant de quatre régions de Madagascar ont suivi une formation de quatre jours à Fianarantsoa, du 27 au 30 juillet. La formation permet à ces contrôleurs et inspecteurs du travail d’acquérir le savoir, le savoir-faire et le savoir se conduire nécessaire en matière de contrôle de sécurité et de santé au travail dans la construction, la riposte contre la COVID-19 et la prise en charge du VIH-SIDA en milieu de travail.

Réduire le nombre alarmant de décès lié au travail

Dans le monde, l’Organisation internationale du Travail estime à environ 2 millions le nombre de travailleurs et travailleuses qui meurent chaque année des suites d’accidents ou de maladies liés au travail. Les dernières statistiques datent de 2018. Bernard Foe Andegue, responsable technique Santé et Sécurité au travail pour Tous au sein du projet Vision Zero Fund (VZF), de l’OIT, indique que cette situation n’est pas acceptable lorsqu’on parle de la promotion du travail décent. La déclaration du centenaire de l’OIT invite les mandants tripartites (travailleurs, employeurs et gouvernements) à  renforcer les investissements pour le capital humain, de mieux outillés les acteurs du monde du travail pour réduire ces statistiques.

La formation entre dans le cadre de partenariat entre le projet OIT/ VZFII et le ministère malgache du Travail, de l’Emploi, de la Fonction Publique et des Lois Sociales.

Les travailleurs dans l’économie informelle pris en compte

Le projet Vision Zero Fund intervient essentiellement dans les chaînes d’approvisionnement mondial, dans l’amélioration de la sécurité et la santé au travail. Jusqu’à aujourd’hui, le projet intervient sur les filières litchi, textile et BTP (bâtiment et travaux publics). L’économie de pays en voie de développement tel que Madagascar est très marquée par le secteur informel. Indéniablement, les travailleurs et employeurs de l’informel interviennent dans la chaîne. De ce fait, il n’est plus seulement attendu d’un inspecteur ou d’un contrôleur du travail, de maîtriser le cadre administratif et légal de son action mais aussi de comprendre son environnement économique et social, y compris dans l’économie informelle ainsi que les nombreuses mutations du travail. Pour les personnes formées, la formation trouve son importance dans leurs procédés de travail pour des actions plus efficaces. Ils se doivent donc « d’avoir pleine capacité à dépasser le simple rappel des dispositions réglementaires pour analyser les risques en situation de travail, les expliquer, informer et sensibiliser les employeurs et les travailleurs à la démarche de prévention des risques professionnels » comme l’indique le communiqué du projet VZF à Madagascar.

Faniriana Volazara, contrôleuse du travail, intervenant dans la Région Vatovavy Fitovinany soutient « la formation permet d’attirer nos attentions (celles des inspecteurs et contrôleurs de travail) sur les constructions que l’on qualifierait de rudimentaires, mais qui pourtant présentent de réels risques pour les travailleurs. Nous avons appris que face aux employeurs, brandir les sanctions n’est pas suffisant, il faut les accompagner, il faut mettre en avant le dialogue pour que les choses changent ». Faniriana Volazara affirme qu’en tant que contrôleuse du travail qui a bénéficié de ce renforcement de capacité, elle est en mesure d’apprécier à quel moment avancer dans la procédure « en cas de  constatation de danger imminent, l’on procède à la mise en demeure et l’on écarte les travailleurs pour leur protection, et il est possible de suspendre provisoirement le chantier ».

Il est à noter que le projet VZF travaille à la ratification et à la mise en œuvre effective des Conventions de base de l’OIT en matière de Sécurité et Santé au Travail, SST, à l’amélioration de la coordination entre les différentes institutions en charge de la promotion de la SST, renforce la capacité des partenaires sociaux à promouvoir la SST, facilite l’accès des travailleurs de l’économie informelle aux services de santé au travail et renforce les capacités de l’inspection du travail et de la magistrature à faire respecter le droit au travail. Dans le monde, le programme Sécurité + Santé pour Tous de l’OIT vise le changement des attitudes et des comportements pour créer un changement durable et mesurable.

Mutualisation des acquis

Les inspecteurs et contrôleurs du travail formés sont en service dans les Régions Atsimo Atsinanana, Haute Matsiatra, Ihorombe et Vatovavy Fitovinany

12 inspecteurs du travail ont bénéficié en 2019 d’une formation professionnalisant sur le contrôle des entreprises du  bâtiment et des travaux publics. Ils constituent actuellement une Task-Force. Cette formation leur a permis d’acquérir, d’une part, l’expertise nécessaire au contrôle des chantiers du bâtiment et des travaux publics (BTP) et, d’autre part, de disposer et de s’approprier d’outils pour qu’ils mutualisent leurs acquis au profit de l’ensemble des agents de contrôle de l’Inspection du travail malgache dans la Capitale et dans les régions pourvues de services d’inspection. Par ailleurs, la Task-Force vise aussi à compléter à terme les curricula de formation initiale ou continue à l’ENAM des Inspecteurs du travail malgache. Un plan d’action a également été défini et un certain nombre d’outil a également été mis à leur disposition.

Ces inspecteurs du travail référents sont maintenant en mesure de mutualiser leurs acquis. Le regroupement du 27 au 30 juillet à Fianarantsoa a donc permis la réalisation d’ateliers de mutualisation des acquis aux inspecteurs et contrôleurs du Travail en service dans les Régions Atsimo-Atsinanana, Haute-Matsiatra, Ihorombe et Vatovavy-Fitovinany. Ainsi, à la fin de cette formation, ils disposent d’une expertise dans le domaine des BTP conformément aux modules développés et on la capacité de mettre en pratique les connaissances nouvellement acquises. Ils ont acquis les compétences nécessaires pour identifier, prévenir et contrôler les risques en matière de santé et de sécurité au travail et de BTP. Ils pourront par ailleurs appuyer la riposte à la COVID-19 et la prise en charge du VIH-SIDA dans le cadre de leurs missions. Ils sont également outillés pour assurer l’aplication de manière plus efficace des conventions internationales et le droit positif applicable en matière de santé et sécurité au travail y compris le secteur du BTP dans les entreprises. Ils peuvent contribuer à la mise en œuvre de la planification annuelle en matière de BTP ; et seront capables de transmettre et de partager leurs connaissances.

Maholy Andrianaivo

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