Exposition photographique de TangalaMamy: représentation artistique du droit à l’image

Une photo imprimée en format carte postale, signée TangalaMamy, disponible à l’IFM Antananarivo durant l’exposition

L’artiste photographe et photojournaliste TangalaMamy expose à l’Institut Français de Madagascar « Droit à l’image ». Exposition inspirée du vécu du photographe et son rapport avec les individus photographiés ou à photographier.

Identités dissimulées

Les images de TangalaMamy sont éloquentes. Le développement de ses techniques dans la photographie de scènes de vie, de scènes de rue et de portrait y est pour beaucoup. En effet, en tant qu’artiste, TangalaMamy est inspiré par la nature, le grand air et surtout l’humain. La problématique du droit à l’image s’impose d’elle-même lorsqu’il photographie des individus, seuls ou en groupe. Il souligne que lorsque les gens refusent de se faire photographier, ils le font savoir tacitement ou expressément. TangalaMamy précise « Ma demande soit je l’exprime verbalement, soit à la manière dont je tiens l’appareil photo, bien visible et prêt à être utilisé. Les personnes qui se trouvent dans le champ photographique, lorsqu’elles ne consentent pas à être photographiées, disent « non » ou ils font des gestes de négation avec les mains. Sinon ils baissent ou tournent la tête, ils s’éloignent ou mettent leurs mains sur le visage.». En tant que photojournaliste, TangalaMamy use de son droit d’informer le public (qui est un droit fondamental). Dans de nombreuses situations, le droit du photojournaliste prévaut sur celui d’autrui. L’exposition porte sur cette « obstination » de l’artiste à exprimer son art, et de cette détermination du photojournaliste d’informer à travers sa photo.

Une photo imprimée en format carte postale, signée TangalaMamy, disponible à l’IFM Antananarivo durant l’exposition

L’exposition

L’ambiguïté dans les esprits du public, sur ces questions de droit, entre l’art et le journalisme, a poussé TangalaMamy à dédier son exposition au « Droit à l’image ». Elle se tient à l’Institut Français de Madagascar (IFM) du 20 septembre au 16 octobre. TangalaMamy à travers ces photographies exposées semble avoir trouvé un compromis, en cachant les visages sans les retoucher et en même temps informer. Aucune photographie ne dévoile l’identité complète des personnes photographiées. Il a sélectionné parmi des milliers de photographies celles qui évoquent ce droit ; celles qui représentent le refus tacite ou expresse de se faire photographier et le consentement donné sous certaines réserves. TangalaMamy ne s’est donc pas consacré à des reportages ou des séances spécifiques portant sur la thématique. Les photographies ont été prises sur différentes périodes des cinq dernières années.

Une photo imprimée en format carte postale, signée TangalaMamy, disponible à l’IFM Antananarivo durant l’exposition

En définitive, cette exposition « Droit à l’image » n’est-elle pas une expression artistique du vécu du photojournaliste?

A propos de l’artiste

Mamy Nirina Razafindrakoto, par ©Iako Randrianarivelo

TangalaMamy, Mamy Nirina Razafindrakoto à l’état civil est né à Fianarantsoa. Il est diplômé de l’école supérieure des sciences agronomiques d’Antananarivo et est ingénieur forestier. Toute sa vie, il a toujours été proche de la nature. En collaborant avec l’association Madavin, il s’engage avec la communauté Zafimaniry d’Antoetra à la reforestation de la région et ont planté jusqu’ici près de 2 500 000 arbres sur 1 220 ha.

TangalaMamy a fait connaissance avec la photographie à l’âge de neuf ans. Universitaire, le jeune homme s’est serré la ceinture pour acheter les pellicules pour l’appareil photo qu’un ami lui prêtait. L’attrait de l’art photographique se faisant pressant, il s’est offert plus tard un appareil photographique qui lui permettait, suivant ses mots « de constituer un trésor de souvenirs ». Au cours de ses voyages, il observe et immortalise divers instants de la vie quotidienne. Sa personnalité, son respect et sa reconnaissance envers ses contemporains lui ont permis, à sa manière et sa vision, « d’écrire l’histoire et de témoigner le moment présent ».

En 2019, des photos qu’il a prises ont permis d’illustrer des articles journalistiques à contenu culturel. Depuis, Mamy Nirina Razafindrakoto partage sa signature entre l’art et le journalisme.

Maholy Andrianaivo

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