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Josie Dominique, Docteure en Science politique : le diplôme donne du sens à la passion

Josie Dominique a obtenu en décembre 2018 son doctorat en Science politique. Photo:©iAko Randrianarivelo

Aucune recherche pour l’obtention du doctorat n’est facile. Des années de documentations, d’interviews, d’enquêtes, de développement d’hypothèses, de vérification, de rédaction… Il faut être passionné(e) pour la réussir.

Tellement de travaux intellectuels qui nécessitent de la santé, de l’engagement intellectuel, de la ténacité et l’obstination comme qualité. Lorsque le diplôme est enfin décerné aux chercheurs, elles/ils ressemblent à des guerriers, fiers d’une victoire issue de bataille sans merci.

« J’en ai perdu des cheveux et je suis tombée malade plusieurs fois » raconte Josie Volaravo Dominique. Elle a obtenu son doctorat en science politique en décembre 2018. Comme sa thèse n’est pas financée, elle a continué à exercer son travail d’enseignante, faire ses obligations de cours et d’encadrement pour pouvoir la réaliser. Josie Dominique donne les détails « les années de recherches ont été éprouvantes, je travaillais la nuit et je ne profitais pas des vacances de l’enseignement puisque je me concentrais sur ma thèse. Une thèse se prépare en principe 24 heures sur 24, la mienne a été entrecoupée par le travail. J’ai voulu qu’elle soit faite en quatre ans »et elle a été faite en quatre ans, comme elle le prévoyait. 

Le thème qu’a choisi Josie Dominique n’est pas des plus ordinaires « Machines de guerre et appareils de l’Etat : sociologie historique des forces armées à Madagascar ».  Elle a choisi ce thème pour pallier à une insuffisance d’écrits sur l’armée malgache. Ceux qui étaient disponibles ne lui suffisaient pas et ne comportaient pas les points de vue diversifiés qu’elle attendait pour des connaissances objectives du domaine. Son choix résulte aussi de la passiond’une enfant de militaire. « J’ai grandi dans cet univers. Nous nous questionnons sur le métier de nos parents, pourquoi ils sont souvent absents ?  Il y a quelque chose qui me fascine dans ce domaine. Ma recherche et ce doctorat donnent un sens à tout cela ». « Avec mes accessibilités et les archives déjà consultées, j’avais matière à écrire sur l’armée malgache ».  

La transmission des connaissances et le partage comme passion

Josie Dominique est gestionnaire de formation. Pour pouvoir effectuer sa thèse en science politique, Josie a dû faire un master recherche en science politique. Elle enseigne à la faculté Droit, Economie, Gestion et Science politique de l’université d’Antsiranana. Le doctorat n’est pour elle qu’une étape puisque la carrière de l’enseignement supérieur est très longue. « Ce qui me passionne c’est de transmettre les connaissances et de partager avec les jeunes. Le doctorat me permet d’encadrer des étudiants en masters et créer des offres de masters »souligne-t-elle.

Pour ce qui est des points de vue et des critiques sur son travail « j’ai écrit avec des outils scientifiques et les gens, surtout ceux de l’armée, peuvent ne pas être d’accord sur tout. Je sais que je ne fais pas l’unanimité, je n’ai pas la science infuse. En fait, c’est ce qui fait la richesse de la recherche, il y a toujours des choses à remettre en cause. Je suis prête à en débattre. Elle est d’ailleurs ouverte à une continuité ».

La thèse de Josie Dominique a été réalisée en cotutelle avec l’Institut d’Etudes Politiques de Madagascar et de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris, France. La sociologie historique des forces armées permet de comprendre les relations civilo-militaires prévalent à Madagascar. Elle démontre comment ces forces contribuent à instituer les pouvoirs politiques à Madagascar et comment elles contribuent aussi, à les défaire. La thèse de Josie Dominique a été dirigée par Rémy Bazenguissa (EHESS, Paris VI) et Solofo Randrianja (IEP).